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Projet client · Groupe de cinq étudiants · Janvier 2026

Vendre une expérience payante dans un lieu où tout est gratuit

Un café-jeux grenoblois met au point un jeu maison et n'arrive pas à le vendre. Le problème n'était ni le prix, ni le produit : c'était qu'une fois posé sur l'étagère, personne ne le voyait.

Un joueur a la main engagée dans le cube en bois pendant une partie

Le Cube en situation. Le joueur dont la main est bloquée ne voit pas les mécanismes qu'il manipule.

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Le jeu, et pourquoi il ne se vendait pas

La Main dans le Cube est une création du K'Fée des Jeux, café-jeux installé quai Stéphane Jay à Grenoble depuis 2008. Un joueur glisse sa main dans un cube en bois gravé et ne voit plus rien de ce qu'il manipule. Il dépend entièrement des indications de ses coéquipiers pour se libérer.

Deux à quatre joueurs, trente à soixante minutes, dans un univers de piraterie, sur réservation. La session est aujourd'hui affichée à trente euros sur le site du café. Ni un jeu de société, ni un escape game : une partie se joue à une table du bar, en buvant un verre, sans salle dédiée ni animateur.

LE PROBLÈME L'établissement met plus de 850 jeux en libre accès gratuit. Le Cube est rangé parmi eux. Un client qui le découvre ne comprend pas pourquoi celui-là coûte dix euros alors que tous les autres sont inclus.

La commande du client tenait en une phrase : vivre de cette création. Deux groupes d'étudiants ont travaillé en parallèle, l'autre sur l'identité et l'organisation du café lui-même, le nôtre exclusivement sur le Cube.

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Le diagnostic, établi sur place

Nous avons passé du temps dans l'établissement à observer les clients plutôt qu'à analyser le site depuis un ordinateur. Trois constats en sont sortis, et ce sont eux qui ont tout orienté.

L'effet caméléon

Intégré aux étagères au milieu des autres boîtes, l'objet devient invisible dans le flux naturel des clients. Des affiches existaient bien, sur le bar et sur les tables, mais plates et noyées dans une décoration déjà très chargée. L'information était là sans jamais interpeller personne.

Le refus de payer n'est pas une question de prix

Le client ne refuse pas de payer parce que c'est cher. Il refuse parce qu'il ne voit pas la différence avec un jeu gratuit.

C'est le constat central du dossier. Sans mise en scène, sans vidéo, sans rien qui donne à voir l'expérience, le prix apparaît comme une contrainte injustifiée face à huit cent cinquante alternatives sans supplément. Le travail à mener n'était donc pas de baisser le tarif, mais de rendre visible ce qu'on achetait.

Un parcours de réservation qui décourage

En ligne, il fallait cinq chargements de page pour arriver au paiement. Chaque clic était une occasion de partir.

1Accueil, noyé parmi 850 jeux
2Page infos, mur de texte
3Même page, bis
4Choix de date, calendrier seul
5Formulaire administratif

Le formulaire final avait l'allure d'une démarche administrative, au moment précis où le client devait sortir sa carte bancaire.

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La réponse : donner un lieu au Cube

Plutôt que de modifier le site du café, qui fonctionne très bien comme catalogue et outil de gestion, nous avons proposé de créer une page dédiée au Cube, branchée sur le même moteur de réservation. Le planning reste unique, une réservation prise d'un côté bloque le créneau de l'autre, et on ne touche pas au cœur du système.

Maquette de la page dédiée au Cube

Maquette de la page proposée. Une image qui montre l'expérience, une promesse, un bouton de réservation, et une entrée séparée pour les professionnels.

AVANT

Cinq chargements de page avant de pouvoir payer.

Un texte descriptif sans visuel de l'expérience.

La même porte d'entrée pour un groupe d'amis et pour un gérant d'établissement.

APRÈS

Trois clics, une seule page qui se déroule.

Une vidéo d'ouverture qui montre des joueurs, pas un objet.

Une question qui oriente : joueur ou professionnel, deux parcours distincts.

Le site, avant et aujourd'hui

JANVIER 2026 Ancienne page d'accueil du café, le Cube présenté comme une vignette parmi d'autres
Le Cube occupe une vignette sur quatre, au même niveau que le plat du jour et la boisson chaude. Rien ne le distingue, ni le prix, ni la durée, ni le fait qu'il s'agit d'une prestation à réserver.
OCTOBRE 2026 Page actuelle du site consacrée au Cube, avec bandeau dédié et informations pratiques
Le Cube a son propre bandeau, son titre et une photo en situation de jeu. Le texte annonce d'emblée le nombre de joueurs, la durée et le prix, et un bouton de réservation est présent dans la navigation.

Je ne peux pas affirmer que ces changements découlent de notre dossier, et je ne le prétends pas. Je constate simplement que les points que nous avions identifiés comme bloquants ne le sont plus.

Le détail qui règle le problème des places perdues

Un créneau réservé et non honoré représente une perte sèche, puisque la table est immobilisée. Nous avons proposé un acompte de dix euros par personne à la réservation, déduit de l'addition finale au bar. Il sécurise le créneau, écarte les indécis, et allège l'encaissement en fin de partie. Le client ne paie rien de plus, il paie seulement plus tôt.

Côté salle

Trois préconisations issues de l'observation, toutes à coût quasi nul.

Les supports imprimés, dessinés

Ces visuels n'existaient pas dans le dossier remis en janvier, et leur absence nous avait été reprochée à juste titre : une recommandation d'aménagement se juge en la voyant. Je les ai dessinés depuis, dans la charte du Cube, noir brûlé et or ocre, qui reprend les matières de l'objet lui-même, bois gravé et laser.

La Main dans le Cube C'EST PAR ICI
Sticker de solRond, environ trente centimètres, collé au sol en série pour guider du bar jusqu'à la table. Faute de place en hauteur pour un totem, c'est le sol qui prend le relais.
Chevalet de table posé sur une table, portant le design proposé
Chevalet de tableFormat A6 plié, posé sur chaque table. Il remplace l'affiche décorative par une question qui appelle une action, avec le code à scanner pour vérifier les créneaux du soir.
Plaquette professionnels, recto
Plaquette professionnelsRemise en main propre ou envoyée après un contact LinkedIn. Elle ne parle pas d'amusement mais de rentabilité, d'autonomie et de créneaux creux.

Reste une préconisation qui ne s'imprime pas : poser un vrai Cube sur le comptoir. L'objet attire le regard et donne envie d'y mettre la main, là où une feuille A4 se fond dans un décor déjà très chargé.

Trois comptes, trois rôles

La recommandation ne consistait pas à publier davantage, mais à séparer les prises de parole.

Le compte Instagram du bar, qui réunissait environ mille quatre cents abonnés, et sa page Facebook, plus de deux fois plus suivie, servent le volume immédiat auprès d'une communauté locale déjà acquise. Mais ils s'adressent à des gens venus pour boire un verre, qu'une avalanche de publications sur le Cube finirait par agacer. Nous y recommandions donc quelques stories et un lien épinglé, plutôt que des publications dans le fil.

Un compte Instagram dédié au Cube devait être créé en parallèle. Il sert deux objectifs : construire une image de marque autonome, et disposer d'une vitrine présentable lors du démarchage d'autres établissements, puisqu'un gérant qu'on sollicite va forcément regarder ce que le produit donne en ligne.

Enfin une page LinkedIn, parce que c'est le seul endroit où l'on touche des gérants et des directeurs d'établissement, et parce que le discours y est inverse : on ne vend plus une soirée entre amis, on vend une solution de rentabilité.

Maquettes d'une story et d'une publication Instagram pour le Cube
À gauche, une story sur le compte du bar : annonce courte, lien de réservation, format éphémère pour ne pas encombrer le fil. À droite, une publication du compte dédié au Cube, construite sur le récit d'une équipe qui vient de jouer, avec son temps, son niveau de stress et son passage dans la légende maison.

Maquette · Publication LinkedIn, page La Main dans le Cube

La Main dans le CubeMicro-aventures sensorielles et cohésion d'équipe · Grenoble

Et si vous transformiez n'importe quelle table de votre établissement en salle d'évasion immersive ?

Gérants de bars, d'hôtels ou de lieux de loisirs, nous faisons face au même problème : proposer une expérience différenciante sans pousser les murs ni lancer des travaux.

Pourquoi l'intégrer à votre offre :

  • Aucune logistique : le Cube s'installe en quelques instants sur une table standard.
  • Aucun animateur à mobiliser pendant la partie.
  • Des sessions de 30 à 60 minutes, calibrées pour faire tourner vos créneaux creux.

Vos clients ne consomment plus seulement un verre, ils vivent une aventure dont ils sont les héros.

Écrivez-nous pour recevoir la plaquette partenaires et nos conditions de location.

#ExpérienceClient #Loisirs #B2B #Grenoble

Le Cube en situation de jeu
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Maquettes réalisées pour le dossier. Aucune de ces publications n'a été mise en ligne, et le compte dédié au Cube n'a pas été ouvert.

Cette séparation a une conséquence directe sur la recommandation éditoriale : les mots qui convainquent un groupe d'amis le vendredi soir disqualifient le Cube auprès d'un gérant, et inversement. Un même visuel ne pouvait donc pas servir aux deux.

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Le modèle économique

C'est la partie dont je suis le plus satisfait, parce qu'elle sort du registre habituel d'une recommandation de communication.

390 €Budget de lancement en version autonome, détaillé par poste : impression, hébergement, boost de publications, outils
10Nombre de sessions nécessaires pour amortir ce budget, sur la base d'un panier de quarante euros par partie
50 hTemps de fabrication manuelle d'un Cube, ce qui interdit de lancer une seconde unité à l'intuition

Une règle pour décider d'investir

Fabriquer un deuxième Cube représente cinquante heures de travail. Plutôt que de laisser le client décider au ressenti, nous avons proposé un signal lisible sur son propre planning de réservation : quatre week-ends consécutifs affichés complets. Cela prouve qu'on refuse du monde chaque soir, et déclenche la production.

Mesurer sans se mentir

Une seule donnée a été retenue comme indicateur principal, le nombre de visites sur la page du Cube, relevé avec un outil qui laisse la propriété des données au client. Et surtout une grille de lecture définie à l'avance : peu de trafic signifie un problème de communication, beaucoup de trafic sans réservation signifie un problème d'offre. Savoir par avance ce qu'un chiffre va vouloir dire évite de l'interpréter après coup dans le sens qui arrange.

LA CHARGE RÉELLE Vingt-cinq minutes par semaine. Dix minutes de prise de vue pendant le service, dix minutes de publication, cinq minutes de story pour rappeler les créneaux. Nous avons explicitement déconseillé de lancer TikTok tant que le gérant serait seul, faute de temps disponible.
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Méthode, cadre et recul

Projet réalisé en janvier 2026 dans le cadre d'un module de stratégie de communication, pour un client réel, sous forme d'une agence fictive de cinq étudiants. Plus de cent heures de travail, conclues par deux livrables, un dossier de travail complet et un document de synthèse destiné au client, puis par une soutenance de trente minutes devant lui, durée imposée par la consigne.

Le projet global était découpé en deux équipes. La nôtre a traité exclusivement La Main dans le Cube. L'autre groupe travaillait en parallèle sur l'identité et l'organisation du café lui-même, et son travail n'est pas présenté ici.

Le travail décrit sur cette page est collectif. Aucune de ces recommandations n'est le fait d'une seule personne.

Ce que je referais autrement

Les personas ont été construits de toutes pièces, avec prénoms et âges, sans avoir interrogé personne. Quelques entretiens réels avec des clients du bar auraient donné à cette partie une valeur qu'elle n'a pas.

Plusieurs objectifs chiffrés ont été avancés sans méthode de calcul explicite. Un seul l'était correctement, le nombre de clics attendus depuis Instagram, déduit d'un pourcentage de la base d'abonnés. Les autres auraient dû l'être de la même façon, ou ne pas figurer.

Enfin, les préconisations d'aménagement de la salle ont été présentées sans aucun visuel, ce qui nous a été reproché à juste titre. Une recommandation d'agencement ne se lit pas, elle se regarde. C'est le manque que j'ai comblé plus haut dans cette page.

Limites de cette présentation

Les visuels reproduits ici proviennent du dossier remis au client. Les montants et les objectifs cités sont des hypothèses de travail établies par le groupe, et non des données comptables de l'établissement.